Huis clos, distanciel et incertitude économique
Résumé
La guerre ne produit pas seulement des effets traumatiques aigus ; lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, elle altère les cadres ordinaires de la vie psychique, éducative, familiale et socio-économique. Dans le contexte israélien contemporain, la répétition des alertes, l’incertitude sur la durée du conflit, la fermeture des écoles, le recours aux cours à distance, la fermeture des lieux de divertissement et les perturbations du travail composent une configuration cumulative de stress.
Au-delà de l’effroi immédiat, le climat actuel opère une sourde érosion psychique. En s’appuyant sur les données institutionnelles israéliennes et la littérature scientifique, l’analyse révèle une symptomatologie complexe qui excède la seule menace militaire : une distorsion de la perception spatio-temporelle venant percuter l’intimité du foyer. La surcharge parentale et l’insécurité économique agissent alors comme des catalyseurs délétères, menaçant tant le développement de l’enfant que l’homéostasie du groupe familial.
Mots-clés : guerre, Israël, santé mentale, enfants, distanciel, anxiété, violence intrafamiliale, précarité, neuropsychologie, psychopathologie.
Introduction
Il est des circonstances où la guerre ne se limite plus à un théâtre d’opérations ; elle devient une modalité diffuse de l’existence. Dans ces périodes, la menace ne frappe pas seulement les corps ou les infrastructures. Elle modifie la texture du temps vécu, envahit les espaces domestiques, transforme l’école, perturbe le travail et altère la capacité même des sujets à se représenter un avenir. Le traumatisme n’est alors plus seulement événementiel ; il devient atmosphérique.
Dans le contexte israélien actuel, cette atmosphère psychique délétère procède d’une somme de facteurs convergents : répétition des sirènes, recours fréquent aux abris, incertitude géopolitique prolongée, fermetures d’établissements scolaires, bascule vers l’enseignement à distance, raréfaction des espaces de loisirs, limitation des activités professionnelles et majoration corrélative de l’anxiété financière. Les dispositifs publics israéliens de santé mentale rappellent d’ailleurs que les réactions de stress, d’angoisse, de désorganisation émotionnelle et fonctionnelle sont fréquentes en contexte de guerre, et qu’elles nécessitent parfois un recours structuré aux services d’accompagnement psychique¹.
Ce qui rend la guerre psychologiquement ravageuse n’est pas seulement son intensité objective, mais son pouvoir de désorganiser les cadres ordinaires de la régulation psychique. À cet égard, la clinique de guerre contemporaine exige d’articuler plusieurs niveaux d’analyse : neurobiologique, développemental, familial, scolaire, socio-économique et existentiel.
I. De la menace extérieure à la désorganisation intérieure
La première erreur théorique consisterait à réduire la souffrance psychique à la seule peur d’une atteinte physique. En réalité, la guerre prolongée agit comme un agent de déstructuration des médiations du quotidien. La maison devient simultanément refuge, salle de classe, bureau, espace de confinement et parfois lieu de conflictualité. L’école cesse d’être un lieu distinct, le travail perd sa stabilité, les loisirs se rétractent, et les frontières entre espaces fonctionnels s’effondrent.
Cette désorganisation n’est pas marginale. L’existence psychique suppose des différenciations concrètes : un lieu pour apprendre, un lieu pour se retirer, un lieu pour produire, un lieu pour se délasser. Lorsque toutes ces fonctions reviennent à l’espace domestique sous contrainte anxieuse, le sujet perd une partie des étayages externes qui soutenaient sa continuité interne. La guerre devient alors moins un événement qu’un régime de vie désajusté.
Les constats institutionnels récents en Israël renforcent ce diagnostic. En janvier 2026, le Contrôleur de l’État a indiqué qu’environ trois millions de résidents, soit près d’un tiers de la population, ne disposaient pas d’un accès adéquat à une protection standard contre les missiles, tout en soulignant des lacunes importantes dans la préparation des dispositifs d’urgence, y compris sur le plan éducatif.²
II. Hypervigilance et fatigue neuropsychique
Du point de vue neuropsychologique, la répétition des alertes entretient une activation prolongée des circuits de détection du danger. L’amygdale demeure en suractivité, l’insula accroît la sensibilité aux signaux corporels, le système nerveux autonome maintient une mobilisation physiologique élevée, tandis que les fonctions exécutives — attention soutenue, flexibilité cognitive, planification, inhibition — s’épuisent à devoir constamment arbitrer entre menace, adaptation et obligations ordinaires.
Cette configuration favorise des symptômes bien connus : sursaut accru, irritabilité, troubles du sommeil, anticipation catastrophique, difficultés de concentration, hypercontrôle, évitement des sorties et réduction graduelle du périmètre de vie.
Autrement dit, le sujet ne souffre pas seulement “de peur” ; il souffre d’une persistance de l’état d’alerte. Or un organisme qui ne redescend plus complètement entre deux épisodes d’alarme finit par payer cette mobilisation en fatigue cognitive, en appauvrissement de la régulation émotionnelle et en rétraction comportementale.
III. L’incertitude temporelle comme facteur pathogène
L’une des dimensions les plus corrosives de la guerre prolongée réside dans l’absence d’horizon. Une épreuve intense mais circonscrite peut être mentalement préparée, traversée et, en partie, symbolisée. Une épreuve dont la durée reste indéterminée — quelques jours, quelques semaines, quelques mois — installe une tout autre économie psychique. Le cerveau humain tolère mal l’indéfinition prolongée : il ne sait plus comment distribuer l’endurance, ni comment calibrer l’effort d’adaptation.
Sur ce point, l’anxiété est moins produite par l’événement ponctuel que par la suspension du futur proche. Le sujet ne sait plus s’il doit attendre, reprendre, différer, investir ou se maintenir dans une logique de stricte survie. Cette désorientation temporelle participe directement à l’hypervigilance et à l’épuisement. Bien que l’israélien ait tendance à se rassurer par une phrase galvaudée : ‘’Yihyé beseder’’, traduit par : ‘’Ça ira’’, connotant une capacité à survivre et à dépasser les traumas de l’instant. Cette pensée agit comme un pansement et ne persiste que chez les plus résistants.
IV. Enfance sous contrainte : fermeture des écoles et distanciel
L’école ne se réduit pas à la transmission académique. Elle constitue un contenant développemental : rythmicité, séparation d’avec le foyer, exposition à l’altérité, régulation par la règle, sociabilité, apprentissages implicites et explicites. Lorsque l’école ferme et que l’enseignement migre vers le domicile, l’enfant perd non seulement un cadre pédagogique, mais aussi un espace psychique distinct.
Dans un foyer déjà saturé d’angoisse, le distanciel tend à effacer les frontières entre sommeil, travail, jeu, surveillance parentale et menace extérieure. L’enfant apprend là où il dort, mange, s’ennuie, entend les inquiétudes des adultes et parfois les alarmes. Cette indistinction pèse particulièrement sur ceux qui présentent déjà des fragilités attentionnelles, émotionnelles, relationnelles ou neurodéveloppementales.
La littérature scientifique issue de l’expérience des fermetures scolaires pendant la pandémie apporte ici des enseignements robustes. La revue de Mazrekaj et De Witte conclut que l’ampleur et la durée des fermetures d’écoles ont entraîné un déficit substantiel d’apprentissage ainsi qu’une détérioration de la santé mentale des enfants.? De façon complémentaire, une revue plus récente sur la période de retour à l’enseignement présentiel montre que, si certains jeunes se sont améliorés, d’autres ont conservé des difficultés importantes, particulièrement lorsque persistaient stress parental, usage élevé des écrans, conflits relationnels ou faible soutien social.?
Les données israéliennes disponibles sur les adolescents exposés à la guerre vont dans le même sens : une étude longitudinale récente rapporte que l’aggravation des symptômes psychiatriques et l’exposition à la violence politique étaient associées à une augmentation du temps d’écran, notamment de l’usage d’Internet et des réseaux sociaux.? Par ailleurs, d’autres travaux suggèrent que l’exposition médiatique répétée à des scènes de conflit est liée à une majoration de la détresse psychologique et des symptômes post-traumatiques chez les adolescents.?
V. Disparition des espaces de dérivation et contraction de la vie psychique
La fermeture temporaire des lieux de divertissement est souvent pensée comme un dommage collatéral mineur. Sur le plan psychopathologique, elle est tout sauf secondaire. Les activités de loisir, les sorties, les déplacements non utilitaires, les rencontres et le jeu constituent des mécanismes de dérivation essentiels. Ils permettent la décharge émotionnelle, la variation des stimulations, la relance du désir et la désaturation du système nerveux.
Lorsqu’ils sont mis en pause, la tension ne s’évanouit pas ; elle se reconfigure. Elle se déplace vers l’insomnie, les conflits, la rumination, l’usage excessif des écrans, l’irritabilité et l’inhibition. L’appauvrissement des possibilités d’action fait alors basculer le sujet dans un univers psychique plus étroit, où la menace occupe une place proportionnellement plus grande.
Les travaux sur les fermetures scolaires liées au Covid suggèrent d’ailleurs que le maintien d’une activité physique et de routines actives constitue un facteur protecteur pour la santé mentale des enfants et adolescents. La revue systématique de Zhong et al. conclut que l’activité physique peut contribuer à réduire certains symptômes psychiques durant les périodes de fermeture scolaire.¹?
VI. Huis clos anxieux et risque de violences intrafamiliales
La promiscuité prolongée sous tension n’est pas seulement éprouvante ; elle peut devenir désorganisatrice. En temps ordinaire, les familles disposent de multiples sas de décompression : école, travail, déplacements, sociabilités périphériques, moments séparés, activités extérieures. Lorsque ces médiations s’effondrent, tout revient au foyer. L’espace domestique concentre alors la peur, la fatigue, la garde des enfants, les injonctions scolaires, les préoccupations économiques et la surcharge émotionnelle.
Dans un tel contexte, les conflits parent-enfant et les tensions conjugales peuvent s’intensifier. L’étude de Robaey et al., menée auprès de 337 parents d’enfants suivis en santé mentale, montre que les difficultés parentales à gérer les restrictions durant la pandémie augmentaient les problèmes comportementaux des enfants et les conflits parent-enfant, principalement via l’anxiété, la dépression et surtout le stress parental.¹¹
À l’échelle plus large, l’OMS souligne que les confinements et leurs conséquences sociales et économiques ont accru l’exposition de nombreuses femmes à des partenaires violents. Dans son actualisation de 2025, l’Organisation mondiale de la Santé indique qu’environ 840 millions de femmes, soit près d’une sur trois, ont subi au cours de leur vie des violences conjugales ou sexuelles, et que 316 millions ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime au cours des douze derniers mois.¹² Dans les contextes de crise humanitaire ou de guerre, ces risques sont susceptibles d’augmenter.
Il serait dès lors théoriquement fautif de penser le foyer uniquement comme espace protecteur. Pour certains, le domicile protège du dehors ; pour d’autres, il devient aussi le lieu où l’angoisse se condense en contrôle, humiliation, agressivité, voire violence.
VII. Guerre empêchée de travailler, guerre entrée dans les comptes : l’anxiété financière
Une autre strate du climat psychique délétère tient à l’insécurité économique. Lorsque les activités professionnelles sont interrompues, réduites ou rendues erratiques, la menace militaire se double d’une menace matérielle. L’angoisse ne concerne plus seulement l’intégrité physique ; elle touche la capacité à payer, à prévoir, à nourrir, à tenir.
Cette anxiété financière est cliniquement majeure, car elle attaque le sentiment de continuité biographique et de compétence sociale. Le sujet ne se demande plus seulement s’il sera protégé, mais s’il pourra encore subvenir à ses obligations, conserver son statut, assumer sa place dans la famille et maintenir des conditions de vie acceptables.
Les données israéliennes récentes indiquent que les difficultés économiques liées à la guerre sont associées à une plus forte détresse psychologique. Dans une étude longitudinale menée en Israël chez 1 052 jeunes adultes vivant en zones de conflit, les personnes rapportant des difficultés économiques présentaient significativement plus de symptômes d’anxiété, de dépression et de PTSD que les autres. D’autres travaux, notamment chez les petits entrepreneurs israéliens, suggèrent que l’effet psychologique de la perte financière est en partie médié par l’incertitude et le sentiment de perte de contrôle générés par la guerre. ¹³
VIII. Une clinique cumulative : pourquoi certains sujets basculent plus vite
Tous ne sont pas affectés avec la même intensité. Les sujets présentant des antécédents de trouble anxieux, de traumatisme, de dépression, de trouble panique, de trouble obsessionnel, de vulnérabilité neurodéveloppementale ou de fragilité socio-économique sont plus exposés à une désorganisation accélérée. La guerre agit alors comme un amplificateur : elle ne crée pas ex nihilo toutes les fragilités, mais elle les réactive, les intensifie ou les combine.
L’intérêt clinique de cette observation est capital. Il signifie que l’on ne peut penser la souffrance actuelle indépendamment des architectures psychiques préexistantes. La sirène ne réveille pas seulement la peur du missile ; elle peut réveiller des expériences plus anciennes d’insécurité, de dépendance, de perte de contrôle ou d’impuissance.
Conclusion
La guerre prolongée ne ravage pas seulement par ses frappes ou ses sirènes. Elle atteint les sujets en désorganisant les formes ordinaires de l’existence : école, travail, jeu, temporalité, espace familial, revenus, routines, représentation de l’avenir. Lorsqu’aux alertes répétées s’ajoutent la fermeture des écoles, le distanciel imposé, la disparition des lieux de loisir, la surcharge parentale et l’incertitude économique, la souffrance psychique devient cumulative et systémique.
Le point essentiel est donc le suivant : la clinique de guerre doit être pensée comme une clinique des cadres de vie mentale. Protéger les populations ne signifie pas seulement abriter les corps ; cela implique aussi de préserver, autant que possible, les médiations qui soutiennent l’attention, la symbolisation, la socialisation, la parentalité et la projection dans l’avenir. Sans ces médiations, une société peut rester matériellement debout tout en s’épuisant intérieurement.
La philosophie antique n’abolit pas la détresse, mais elle offre parfois un langage de tenue intérieure. Épictète rappelait, dans le Manuel, que le discernement commence par la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Dans un contexte de guerre, cette leçon ne signifie pas qu’il faille nier le danger, mais qu’il convient de ne pas abandonner à l’extérieur toute souveraineté sur la conduite.
Marc Aurèle, appelle à revenir à l’acte mesuré du présent plutôt qu’à l’écrasement par la totalité du futur. Cette posture n’annule pas l’angoisse ; elle redonne au sujet un point d’appui pratique. Dans les configurations prolongées d’incertitude, cette orientation a une valeur clinique : elle combat l’impuissance par la reprise d’un agir limité, mais réel.
Notes
- Ministère israélien de la Santé, ressources de soutien émotionnel et centres de résilience en contexte de guerre ; voir aussi le portail d’information d’urgence du gouvernement israélien.
- Contrôleur de l’État d’Israël, Special Reports, 6 janvier 2026 ; voir également la compilation des rapports sur la gestion gouvernementale des situations d’urgence.
- Banque d’Israël, Annual Report 2024 ; chapitre sur l’économie et la politique économique durant la guerre.
- OCDE, Economic Surveys: Israel 2025.
- Deni Mazrekaj et Kristof De Witte, “The Impact of School Closures on Learning and Mental Health of Children: Lessons From the COVID-19 Pandemic,” Perspectives on Psychological Science 19, no 4 (2024): 686-693, doi:10.1177/17456916231181108.
- Erika Felix et Jennifer Greif Green, “Changes in Child and Youth Mental Health Following the Return To In-Person Learning Post-COVID-19 Pandemic,” Current Psychiatry Reports 27, no 12 (2025): 704-710, doi:10.1007/s11920-025-01642-4.
- Anat Shoshani et Ariel Kor, “A Longitudinal Study of the Associations Between War Exposure, Psychiatric Symptoms, Digital Engagement, and Substance Use in Adolescents,” 2025/2026, PubMed/PMC.
- Anat Pe’er et al., “Media Exposure to Armed Conflict: Dispositional Optimism, Self-Mastery, and Psychological Distress in Adolescents,” étude en libre accès, 2022.
- Bingbing Zhong et al., “Physical Activity on the Mental Health of Children and Adolescents During COVID-19 Pandemic-Induced School Closures: A Systematic Review,” PLOS ONE 19, no 6 (2024): e0299158, doi:10.1371/journal.pone.0299158.
- Philippe Robaey et al., “Mediators and Moderators of the Effects of the COVID-19 Crisis on Parent-Child Conflict in Children in Tertiary Mental Health Care,” Scientific Reports 13, no 1 (2023): 22422, doi:10.1038/s41598-023-49409-2.
- Organisation mondiale de la Santé, Violence Against Women Prevalence Estimates, 2023, Genève, 2025 ; communiqué de presse du 19 novembre 2025.
- OMS, fiche d’information “Violence against women”, actualisation du 25 mars 2024.
- The effects of war-related experiences on mental health symptoms of individuals living in conflict zones: a longitudinal study PMC Med Central 6 janvier 2025
Bibliographie
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Épictète. Manuel. Trad. et éd. diverses.
Felix, Erika, and Jennifer Greif Green. “Changes in Child and Youth Mental Health Following the Return To In-Person Learning Post-COVID-19 Pandemic.” Current Psychiatry Reports 27, no 12 (2025): 704-710. doi:10.1007/s11920-025-01642-4.
Marc Aurèle. Pensées pour moi-même. Trad. et éd. diverses.
Mazrekaj, Deni, and Kristof De Witte. “The Impact of School Closures on Learning and Mental Health of Children: Lessons From the COVID-19 Pandemic.” Perspectives on Psychological Science 19, no 4 (2024): 686-693. doi:10.1177/17456916231181108.
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Zhong, Bingbing, et al. “Physical Activity on the Mental Health of Children and Adolescents During COVID-19 Pandemic-Induced School Closures: A Systematic Review.” PLOS ONE 19, no 6 (2024): e0299158. doi:10.1371/journal.pone.0299158






