Lorsque l’absence retentit comme une menace.

‘Promets-moi que tu ne m’abandonneras jamais ». Lorsque l’absence retentit comme une menace.

La peur de l’abandon nourrie par un sentiment d’insécurité, est précocement logée dans le mémoire de l’enfant. Celui-ci menacé par un parent :’’ si tu n’arrêtes pas de crier, je vais partir de la maison’’. Ou encore le parent incestueux dira ˜’si tu racontes notre secret, je te laisserai tombé, tu ne seras plus ma fille’’ autre exemple :’’ papa je le vois peu, il ne m’aime sans doute pas. Maman s’est absentée, va-t-elle revenir ?
Ces quelques situations reflètent des blessures profondes, témoignant d’un état  »insecure » de l’enfant et qui à la moindre absence du parent, la moindre menace, sera perçue comme un abandon de lui-même, c’est-à-dire comme une sentence exécutoire. Il devient le prévenu, la victime d’une injustice de l’existence qu’il subit contre son grès. Cette insécurité s’amplifiera si rien n’est fait pour qu’elle soit réparée, compromettra ses défenses et affaiblira son moi. Il trainera de nombreuses années durant, même rendu adulte cette peur d’être abandonné le pourchassera comme une ombre. La soumission qu’il consent vis à  vis de son bourreau lui aura octroyé le sentiment d’être sauvé de l’abandon pendant un temps, puis reviendra.

Nous observons que l’abandon reste greffé dans la mémoire, même lorsque les sévices cessent. La victime, même une fois adulte, cherchera en permanence à être rassurée par le ou la conjoint-e ou par  son entourage, notamment à partir de de  messages affectueux, ou de promesses récurrentes de ne jamais être quitté :’’promets moi de ne jamais me quitter’’.

Le parent qui n’aura pas pris au sérieux les demandes de l’enfant persistantes de l’enfant à être rassurant, soit en les minimisant et/ou en le moquant ou en les niant : ˜ tu es bête, qu’est ce que tu vas imaginer’’ ou encore: ‘’pourquoi, tu t’inquiètes tu n’es plus un bébé’’. .. Des propos réducteurs, dépourvus d’empathie, indifférents et qui façonneront le cerveau de sorte à ce qu’il soit toujours en alerte.  Plus tard, les  relations amoureuses seront chaotiques dont notamment la peur d’être abandonné. L’adulte anticipera des ruptures ou au contraire laissera se détériorer des relations jusqu’à  ce qu’elles soient interrompues par le partenaire.

Il pourrait également être tenté de se protéger de l’abandonnisme par une attitude d’évitement de la fréquentation des autres. A titre d’exemple :’’je redoute d’être abandonné, rejeté, je préfère rester seul chez moi ¦ le cannabis me fait oublier mon sentiment d’abandon et le rend plus supportable, du coup je ne ressens ni solitude ni abandon’’. Le renoncement à  l’autre constitue une défense qui permet de se prémunir de l’abandon de soi par l’autre.C’est pourquoi, lors d’une psychothérapie, le récit narratif grâce à  la prise de conscience des éléments constitutifs de la peur de l’abandon et de la blessure produite favorise grandement la compréhension de cette chaine causale, ainsi que le façonnage d’attitudes plus adaptées face aux risques de rupture que peuvent comporter les relations interpersonnelles. Le réel entrerait en collision avec l’idéal du moi, dialogue qui si, il est mené à  bien, pourrait engendrer un questionnement constructif notamment :’’qu’est ce qui peut m’aider à  cicatriser ma blessure. Ainsi, des stratégies de gestion des relations interpersonnelles, pourront être conçues et adaptées par le sujet lui-même.

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